Des nouvelles opportunités de création de valeur

Un des objectifs est d’inspirer et contribuer à la réflexion des entrepreneurs sur leurs modèles d’affaires afin de saisir les nouvelles opportunités de création de valeur pouvant venir enrichir la proposition initiale à leurs clients, notamment en matière de qualité sociale et environnementale.

Des interventions sont organisées en collaboration avec nos partenaires et les incubateurs pour former à la qualité sociale et environnementale des produits et services, se positionner et savoir la valoriser économiquement.

Le cas de La marque du consommateur est un bon exemple : impliqués dans la définition du cahier des charges du produit, les consommateurs ont souhaité, dans le cas du lait, des qualités environnementales et sociales associées à un prix de vente au litre 48% plus cher que le prix plancher ; cela s’est traduit par un véritable succès commercial dès son lancement.

1- Modèles d’affaires positifs

Un des enjeux forts est l’intégration de la qualité environnementale et sociale du produit dans l’appréhension du rapport qualité/prix et la mise en oeuvre des modèles d’affaires des organisations. Poussés par la révolution du numérique, de nombreux nouveaux modèles d’affaires se développent. Souvent considérés comme bénéfiques pour la société, il est nécessaire d’analyser les pratiques pour statuer sur leurs impacts réels et éviter le flou qui les entoure : économie circulaire, économie de fonctionnalité, économie collaborative, économie contributive…

L’accent est mis sur l’économie de fonctionnalité (vente de l’usage et non du produit), modèle permettant une croissance découplée de la consommation de ressources naturelles. Pour pouvoir subvenir aux besoins de tous, c’est un modèle qui doit être privilégié.

2- Chaine de valeur étendue

La chaine de valeur est souvent appréhendée dans le périmètre strict de l’entreprise. Il est indispensable de l’élargir à tous les acteurs de la filière pour avoir une vision globale des impacts de la filière. Le nouveau concept de chaine de valeur étendue que nous approfondissons, concerne :

  • l’élargissement de la valeur économique à la valeur environnementale et sociale du produit
  • l’intégration de tous les acteurs de la filière du produit en amont et en aval, de l’approvisionnement à la fin de vie, afin de mieux appréhender l’intégralité des impacts avec des relations entre acteurs basées sur la confiance ;
  • la solidarité inter-territoriale, avec la prise en compte des impacts sur tous les territoires concernés par la chaîne d’approvisionnement afin de connaître, maitriser et minimiser ceux générés localement.

3- Marketing positif

La relation client évolue et les nouveaux modèles d’affaires offrent des opportunités quant à la mise en place de rapports clients privilégiés favorisant leur fidélisation. La recherche de sens dans la consommation passe par une valorisation de la qualité sociale et environnementale du produit ; elle se doit aussi d’être plus visible et différenciatrice. Cette caractéristique, qui créée de la valeur, doit permettre un surprix responsable. Les labels peuvent aider à basculer vers des modes de consommation plus responsables, mais trouvent leurs limites quand ils se multiplient et perdent en lisibilité. Il faut aussi y intégrer des incitatifs au choix de solutions du type économie de fonctionnalité, qui se révèlent les plus durables.

4- Gouvernance et redevabilité

Dans son livre La revanche de la gouvernance (2018), l’association Entreprises et progrès souligne la nécessité de protéger les dirigeants par rapport à l’actionnariat financier, afin, par exemple, de leur permettre de dire non à des options d’optimisation fiscales écologiquement impactantes où à des choix de projets aux conséquences sociales négatives importantes.  Une des solutions avancées est l’intégration de la mission sociale dans les statuts de l’organisation.

5- Finance positive

L’approche responsable doit concerner tous les fonds et non une seule partie d’entre eux. Il est nécessaire que les financiers d’aujourd’hui aient un minimum de connaissance pour évaluer la qualité sociale et environnementale d’un produit pour éviter de porter des filières qui ne sont pas forcément bénéfiques pour la société. Ils doivent aussi être sensibiliser aux nouveaux modèles d’affaires comme l’économie de fonctionnalité et faire évoluer leurs critères de performance.
Quand le financier devient extra-financier
Depuis le vote de la loi française sur la fraude en septembre 2018, l’évasion fiscale est aujourd’hui considérée comme faisant partie du périmètre de la responsabilité de l’entreprise. Cela a un impact direct sur le reporting extra-financier. Les impôts et taxes sont ainsi considérés comme une contribution à la société, au travers la mise en oeuvre de meilleures conditions de travail ou de conditions de vie pour les citoyens.

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