Mars 2019 : La chaire Positive Business devient une Chaire Unesco

Objectifs de la chaire

  • Etre proactif dans le développement et l’adoption de nouveaux modes de management et de pilotage durable des organisations ;
  • Contribuer à l’enseignement, la recherche et la diffusion de comportements responsables en matière de consommation et de production responsables (ODD12).
La chaire est rattachée depuis juin 2018 à la Fondation de l’Université Paris Nanterre.

La chaire propose :

  • la mise en place et la participation à des projets (voir onglet “projets”) ;
  • la mise en place et la participation à des conférences (voir onglet “Calendrier”) ;
  • des formations.

La chaire permet : 

  • la mise en réseau de personnes souhaitant agir pour un développement plus responsable : enseignants, chercheurs, étudiants mais aussi professionnels ;
  • l’initiative et la contribution à l’organisation de débats, tables rondes, conférences et visioconférences ;
  • la co-construction et la participation à des projets de recherche ;
  • l’accès et la mise à disposition d’informations et d’outils de formation ;
  • la diffusion d’études et d’articles.

 

Définition de l’entreprise positive

L’entreprise positive correspond à une organisation qui adopte des modes de management permettant à ses projets d’avoir un bilan global positif sur la société dans son ensemble, c’est-à-dire allier à la fois performance économique, sociale et environnementale (performance globale). Cela nécessite de connaitre et maîtriser les impacts sur les trois dimensions liées à ses produits et services, et les considérer simultanément dans le processus de prise de décision, et donc le modèle d’affaires. Une réflexion sur de nouveaux critères de performance est indispensable pour la pérennité de l’organisation. Innovation et de compétitivité sont à la clé.

Contexte

Nos modes de consommation ont des impacts sociaux et environnementaux qui dépassent les frontières, notamment du fait de la mondialisation des marchés et des chaînes d’approvisionnement. Il est donc urgent d’infléchir la propension à surconsommer les ressources et d’intégrer la dimension sociale et environnementale dans la valorisation de la production.

Inverser les tendances :  A titre d’exemple, une étude en 2012 montre que l’Union européenne a contribué à plus d’un tiers de la déforestation tropicale principalement du fait de ses importations (« L’impact des consommations européennes sur la déforestation”, Rapport technique 63). En 2015, Sam Lawson remet clairement en cause la responsabilité de l’Europe sur la déforestation illégale liée à ses choix de consommation (“Stolen goods: the UE complicity in illegal tropical deforestration”). Cette responsabilité a encore été réaffirmée par l’UE en janvier 2018 dans l’ Étude de  faisabilité des options de renforcement de la lutte de l’Union européenne contre la déforestation, à l’occasion de laquelle elle rappelle l’ODD 15 : « les pays ont pour obligation de protéger et de restaurer les écosystèmes terrestres ainsi que de promouvoir leur utilisation durable, de gérer de manière durable les forêts, de mettre un terme à la dégradation des terres et à la perte de la biodiversité et d’inverser ces phénomènes ».

Pour une consommation et une production plus responsable

Repris dans les 17 Objectifs de Développement Durable de l’ONU, la consommation et la production responsables (ODD12) sont au cœur de l’objectif de la chaire. Le développement et la diffusion de modèles d’affaires responsables permettent de valoriser les produits et solutions ayant une qualité environnementale et sociale.

L’enjeu est d’accroitre la traçabilité de la chaîne d’approvisionnement afin de mieux évaluer les impacts générés localement et de valoriser économiquement les bonnes pratiques environnementales et sociales efficaces développées au  niveau des filières. Cela nécessite une vision différente de la consommation, du développement et nécessite la mise en place de nouveaux outils et indicateurs, notamment comptables.

Vers des pratiques et des décisions plus durables

Toutes les organisations se doivent de mieux intégrer les aspects environnementaux et sociaux dans les chaines de valeur des produits et services qu’elles proposent.

En France, ce constat de bon sens remonte progressivement en obligations légales qui régissent les entreprises et organisations.

2005 Charte de l’environnement
2008 Loi sur la Responsabilité environnementale (l’Environnement : personnalité juridique protégée)
2010 Loi portant l’engagement national pour l’environnement (Grenelle II, modifiant une trentaine de codes et notamment et les dispositions sur les informations extra-financières des entreprises)
2015 Loi sur la transition énergétique pour une croissance verte (et son article 173)
2016 Loi pour la reconquête de la biodiversité, la Nature et les paysages (le préjudice écologique entre dans le Code civil)
2016 Loi Sapin II : relative à la transparence, la lutte contre la corruption et la modernisation de la vie économique
2017 Loi sur le devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre
2017 Transposition de la directive européenne sur le reporting extra-financier et la déclaration de performance financière des grandes entreprises.
2018 Discussion sur le rapport Notat-Senard autour de l’objet social des entreprise et la loi PACTE.

Cependant, les démarches restent encore balbutiantes en ce qui concerne l’intégration directe dans le management des principes éthiques et durables. L’évaluation des impacts et la valorisation des actions est encore expérimentale. La mise en concurrence de ces nouveaux modèles de gestion par rapport au business as usual  se confronte encore à des freins,  notamment politiques et culturels. En témoigne le rapport de Puma sur le Compte de pertes et profits environnementaux publié en 2012, 145 millions d’euros de dommages environnementaux ont été causés par l’entreprise et non intégrés dans le calcul du profit de 202 millions d’euros, qui serait donc à amputer des deux-tiers (Mc Ginn, 2013).

Mais la société évolue.

Positive Business : Value for All a pour but d’offrir les moyens aux professionnels, enseignants, étudiants et partenaires de se saisir de ces sujets fondamentaux, de créer et d’accéder aux méthodologies et outils de valorisation et d’éducation de demain et de contribuer ainsi à faire évoluer les pratiques économiques.

Pour un enseignement en management plus responsable

Les établissements d’enseignement supérieur dans le domaine du management sont une cible prioritaire car tous les secteurs d’activités sont concernés.  Un potentiel d’amélioration important existe sur le développement et l’apprentissage de modèles de prise de décision intégrant la dimension environnementale et sociale que ce soit en stratégie, en marketing, en finance, en logistique, en comptabilité… Beaucoup restent aujourd’hui en retrait sur ces questions ou les abordent de manière périphérique via des modules de responsabilité sociale déconnectés du coeur des enseignements, et cela, malgré tous les enjeux potentiels en terme de transmission de valeurs.

Cette problématique a été reprise dans l’article de Martin Parker en avril 2018 publié par le guardian “Should we bulldoze the business schools”. https://www.theguardian.com/news/2018/apr/27/bulldoze-the-business-school

S’appuyer sur le modèle français

La France est un pays qui bénéficie de mesures sociales importantes dans son organisation. Il est opportun de mettre à profit cette culture pour ancrer dans les pratiques d’autres considérations managériales où l’humain a toute sa place.

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